Fing : 17 ans de liberté

Le 31 décembre 2016, j’ai cessé de diriger la Fing et passé le relais à Jacques-François Marchandise. Ce courrier pour remercier les membres, les amis, les partenaires et l’équipe de la Fing.

Quand je regarde le chemin parcouru depuis que nous avons créé la Fing, une chose me frappe d’abord : depuis 17 ans, nous sommes libres. Pendant ces 17 ans, la Fing a travaillé sur les sujets qu’elle a choisis et publié ce qu’elle a voulu. Elle a inventé ses métiers, ses activités, ses méthodes. Elle a respecté ses valeurs, à commencer par l’indépendance, l’ouverture, le caractère collectif et public de ses travaux.

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Transitions : les 7 leviers de la révolution numérique

Article paru dans Internet Actu le 29 avril 2015

Quand on évoque l’apport du numérique à nos sociétés, on dit souvent qu’il est une révolution en observant surtout certains de ses effets, particulièrement sa capacité a favoriser la collaboration… Pourtant, son rôle « capacitant » n’est qu’un des aspects de l’action du numérique, qui ne doit pas nous faire oublier les autres : sa capacité d’optimisation, sa capacité à « cognitiser » le monde comme le dit Kevin Kelly, à le rendre ouvert et transparent, à le rendre agile, à renforcer l’innovation…

Dans le cadre du travail de prospective sur les Transitions qu’elle vient de publier, la Fing distingue 7 leviers numériques qui, à des degrés divers, nous semblent aujourd’hui à l’oeuvre partout où le numérique remet en cause les ordres établis : optimal ; soft ; smart ; distribué / capacitant ; open ; disruptif ; agile.

Autant de moyens de mieux comprendre sur quoi agit le numérique. Ce qu’il transforme, ce qu’il remet en cause.

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Self Data : quels services pour quels usages ?

Article de Marine Albarede, Renaud Francou, Daniel Kaplan, Sarah Medjek, Manon Molins, issu du projet MesInfos de la Fing, paru dans Internet Actu le 26 mai 2015

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« Que se passerait-il si, demain, les organisations partageaient les don­nées personnelles qu’elles détiennent avec les individus qu’elles concernent, pour qu’ils en fassent… ce qui a du sens pour eux ? Quels usages, quelles connaissances, quels services, quels risques aussi, pourraient émerger si les individus disposaient, non seulement du contrôle, mais de l’usage de ces données ? »

Ces questions, à l’origine du programme d’expérimentation MesInfos (@Expe_MesInfos) de la Fing, lancé en 2014, font toujours sens, parce qu’elles évoquent notre mise en capacité à agir avec des données, que, trop souvent, les grands acteurs collectent par devers nous, sans nous offrir de grands moyens d’action sur elles. C’est tout l’enjeu du programme Mesinfos : explorer des idées de services, de valeurs et d’usages du « retour » des données personnelles aux individus.

La Fing vient de publier le bilan de ces 2 ans d’expérimentation dans un livret qui rappelle, les enjeux, les pistes, revient en détail sur l’expérimentation elle-même, met en lumière les perspectives et les défis de ce qu’elle a appelé, le « self data » . A cette occasion, nous avons voulu vous faire partager la matière même de ce programme, c’est-à-dire les services imaginés par cette expérimentation, car ils permettent de saisir très concrètement ce que le self data déplace : faire des données de chacun le coeur d’une relation entre individus et organisations, pour que cette relation soit basée sur la confiance plutôt que sur la prédation.

Future Thinking: Digital Disruptions, « Promises »

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« The digital world has never been short of promises. And why should it be ? Promises develop imagination, generate and guide action. Some of the former promises of the digital era now make us smile, some are still topical… So what promises could we make, and believe in enough to act upon them, for tomorrow ? »

In 2012, under the direction of Fing, more than 350 people interacted online and through workshops in Amsterdam, Marseilles and Paris in order to collectively explore the « Digital Disruptions » that will become central during the coming years – and begin to conceive of ways to anticipate them. Discover the outcome of their work !

Prospective : « L’oeuvre des promesses »

couv_cahiers_qn_2013_flipbookIntroduction de la publication prospective « Questions Numériques » de la Fing, édition 2013, sur le thème des « Promesses ».

Par Daniel Kaplan et Jacques-François Marchandise.

Publiée dans Internet Actu le 21 février 2013.

> L’article intégral

Depuis qu’il se propose au monde comme support de la « troisième révolution industrielle », le monde du numérique n’est pas avare de promesses. A un moment ou à un autre, ses gourous, ses industriels, les institutions, ont annoncé la fin des crises et celle du travail, la paix sociale et mondiale grâce au miracle de l’échange et de la compréhension réciproque entre les hommes, une démocratie revitalisée, l’accès des pays les moins avancés au développement, l’avènement d’une conscience mondiale face aux défis environnementaux…

… Mais avant de lever les yeux au ciel devant tant de naïveté, demandons-nous d’où viennent ces promesses, qui les entend, ce qu’elles produisent – et admettons que, ce faisant, nous nous tendons aussi à nous-même un miroir.

Repenser l’internet des objets

Un dossier en trois partie paru dans Internet Actu en 2009, qui reste d’actualité. Synthèse en guide de provocation :

« L’ internet des objets »  ne mérite pas son nom. D’une part, parce que la mise en réseau des objets se réalise aujourd’hui en silos – applications, services, organisations –, ce qui n’a rien à voir avec l’interconnexion généralisée qu’incarne l’idée d’inter-réseau. Ensuite, parce qu’au contraire de l’internet depuis son origine, il ne porte en général aucune vision transformatrice. Enfin, parce qu’il ne fait (encore ?) rien de bien intéressant aux objets.

Mais peut-on imaginer de porter le fer de l’internet au cœur du système des objets, du système industriel ? Comment, et pourquoi faire ?

Une série de trois articles [lire la 2e partie et la 3e] sur la perspective de l’ internet des objets, ce qu’elle dit ou pourrait dire de l’avenir des réseaux, du numérique – et des objets.

Désordinateurs II : « Les mots de la tribu »

cinumEdito d’Internet Actu tiré de l’intervention de Daniel Kaplan lors des 1ers « Entretiens des civilisations numériques » (Ci’Num), le 6 octobre 2005. On lira  ici, si l’on veut, le premier et court édito intitulé « Désordinateurs », daté d’août 2004, que cette version développe et transforme.

Nous croyions avoir parcouru ce chemin-là. Nous croyions que 10, 15 ans d’internet avait fait de nous des citoyens à part entière du monde numérique. Nous n’avions rien vu ; ou bien tout vu de travers. Préparons-nous à reconsidérer entièrement notre manière de considérer la place et le rôle qu’occupent les technologies dans nos vies.

(…)

Cette conversation sans fin, avec ses bêtises sans lesquelles il n’y a pas de relation, ses fulgurances, ses différences, ses approximations, ses jeux, ses conflits, ses trivialités… forme le vrai terreau à partir duquel se créent nos civilisations numériques. Elle change la manière même dont se poseront les grandes questions de l’avenir. Parce que la puissance du numérique consiste aussi à doter un très grand nombre de gens des outils (très proches de ceux des professionnels) pour produire eux-mêmes l’avenir, à toutes petites touches. Il peut en aller de même avec d’autres technologies émergentes, pour le meilleur et pour le pire : Jeremy Rifkin envisage que chacun dispose de sa petite centrale électrique à l’hydrogène ; Neil Stephenson imagine un monde dans lequel chacun peut produire les objets dont il à besoin à partir de particules élémentaires, grâce à des sortes de distributeurs automatiques de tout ; mais l’on pense aussi aux fabriques de virus dans certaines caves…

Cependant je crois assez profondément qu’il nous faut apprendre à penser l’avenir de cette manière aussi , loin des grands desseins, des intentions clairement formulées, des stratégies d’empires, et proche de la vitalité du social.

> L’article complet sur Internet Actu