L’entreprise du futur est-elle une « entreprise » ?

Intervention du 14 février 2018 dans le cadre du séminaire sur l’entreprise du futur, organisé par Télécom École Management, IMT Atlantique et Mines Saint-Étienne dans le cadre du projet de recherche « Industry without borders ».

Synthèse :

Sommes-nous encore au début de la transformation numérique des entreprises, comme le laissent penser les discours sur l’intelligence artificielle, les plateformes, l’agilité et la « startupisation », l’économie collaborative, l’« industrie 4.0 »… ? Ou bien, au début de la période de désenchantement, qu’expriment l’inquiétude sur l’emploi face aux robots, la financiarisation, l’uberisation et la précarité, l’intrusion dans la vie privée, l’opacité des algorithmes (parfois pour leurs concepteurs eux-mêmes), ou encore l’irresponsabilité fiscale, sociale et écologique de nombreuses grandes entreprises ? Les deux, sans doute. Nous suggèrerons que, depuis des décennies, le numérique est à la fois l’outil et la source d’une transformation majeure : à savoir, la séparation fonctionnelle (et souvent organisationnelle) des composantes qui formaient ensemble ce qu’on désignait par entreprise – un dispositif de production et de commercialisation, un lieu et une communauté de travail, un espace de projets et d’innovation, etc. Il nous faudra probablement repenser en profondeur l’idée d’entreprise, voire forger de nouveaux mots.

 

L’économie circulaire, projet technologique ?

couverture-recueilContribution aux
3e Assises de l’économie circulaire,
27-28 juin 2017

Dans son roman 2312, Kim Stanley Robinson imagine que le chemin d’évolution de l’Humanité passe par l’occupation et la « terraformation », sous des formes très diverses, de la quasi-totalité des planètes du système solaire (ou de leurs lunes). Les déplacements sur de longues distances se font dans des astéroïdes creusés, mis en rotation pour y créer de la gravité et transformés en écosystèmes autonomes, chacun avec sa thématique : champêtre, aquatique, désertique, etc.

La technologie-clé dans ce monde est celle de la création d’écosystèmes, une forme d’« écologie synthétique » comme il existe aujourd’hui une biologie synthétique. Ces écosystèmes sont tous autonomes, ils ne cherchent pas à croître mais à ne dépendre d’aucun autre apport extérieur que la lumière du soleil. La croissance se réalise en occupant de nouveaux espaces.

Bien évidemment, cette option ne nous est pas aujourd’hui accessible, même si l’on sait que plusieurs entrepreneurs qui ont fait fortune dans le numérique ont tourné leur regard vers l’occupation humaine de la Lune et de Mars. Mais le roman de Robinson, dont on connaît l’engagement écologiste, nous invite à réfléchir sur la relation entre la technologie et l’écologie, notamment telle qu’elle s’exprime dans les récits de l’économie circulaire.

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Article « Faire converger les transitions numérique et écologique »

Article paru dans Responsabilité & Environnement, Annales des Mines, n° 87, Juillet 2017

« La transition écologique est un horizon incontournable pour nos sociétés, la transition numérique est, quand à elle, la grande force transformatrice de notre époque. La première sait raconter son but, mais peine à dessiner son chemin ; la seconde est notre quotidien, une force permanente de changement, mais qui ne poursuit pas d’objectif collectif particulier. L’une a le but à atteindre, l’autre le chemin à emprunter : chacune de ces deux transitions a besoin de l’autre ! Et pourtant, leurs acteurs évoluent trop souvent dans des sphères séparées, sans réaliser pleinement la puissance transformatrice qu’aurait leur convergence. 
Comment dès lors faire converger ces deux grandes transitions contemporaines ? »

Par Damien Demailly et Mathieu Saujot,  Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI), Renaud Francou et Daniel Kaplan, Fondation Internet Nouvelle génération (Fing)

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Dans le cadre d’un Meetup organisé par Cozy Cloud le 1er décembre 2016, je reviens sur une histoire de la donnée personnelle (depuis la loi Informatique et Libertés de 1978), de l’asymétrie entre entreprises et individus en terme de données, en passant par le besoin de données pour faire du commerce. J’explique les promesses du Self-Data, en explorant les différents cas d’usages (150 recensés actuellement), au sein du projet MesInfos.

« Une présentation facile d’accès dont on ressort plus intelligent en ce qui concerne les enjeux et difficultés autour de la reprise en main des données personnelles ! »

 

Fing : 17 ans de liberté

Le 31 décembre 2016, j’ai cessé de diriger la Fing et passé le relais à Jacques-François Marchandise. Ce courrier pour remercier les membres, les amis, les partenaires et l’équipe de la Fing.

Quand je regarde le chemin parcouru depuis que nous avons créé la Fing, une chose me frappe d’abord : depuis 17 ans, nous sommes libres. Pendant ces 17 ans, la Fing a travaillé sur les sujets qu’elle a choisis et publié ce qu’elle a voulu. Elle a inventé ses métiers, ses activités, ses méthodes. Elle a respecté ses valeurs, à commencer par l’indépendance, l’ouverture, le caractère collectif et public de ses travaux.

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