Fing : 17 ans de liberté

Le 31 décembre 2016, j’ai cessé de diriger la Fing et passé le relais à Jacques-François Marchandise. Ce courrier pour remercier les membres, les amis, les partenaires et l’équipe de la Fing.

Quand je regarde le chemin parcouru depuis que nous avons créé la Fing, une chose me frappe d’abord : depuis 17 ans, nous sommes libres. Pendant ces 17 ans, la Fing a travaillé sur les sujets qu’elle a choisis et publié ce qu’elle a voulu. Elle a inventé ses métiers, ses activités, ses méthodes. Elle a respecté ses valeurs, à commencer par l’indépendance, l’ouverture, le caractère collectif et public de ses travaux.

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Entreprendre en 2050 ?

imt_livreblanc_vf_webPostface au « Livre Blanc » de l’Institut Mines Télécom, « Entreprise du futur – Les enjeux de la transformation numérique » (ouvrage dirigé par Madeleine Besson)

 

Afin, comme on me l’a demandé, de considérer l’avenir de l’entreprise sous un angle un peu plus prospectif encore, il nous faut élargir la perspective au-delà de l’entreprise elle-même pour considérer le monde dans lequel elle évolue.

Pour répondre à une question du même ordre (« à quoi ressemblera l’entreprise de 2050[1] ? »), le prospectiviste Stowe Boyd fonde ses scénarios d’évolution sur les bifurcations possibles de trois tendances structurantes : la montée des inégalités et ses effets délétères sur le pacte social (mais pas forcément sur le financement de l’entrepreneuriat et l’innovation) ; le changement climatique et ses effets avancés (ainsi, peut-être, que les effets de stratégies ambitieuses destinées à le combattre) ; les développements de l’intelligence artificielle et de la robotique et ses effets sur l’emploi et le travail (qui dépendent cependant de la place que nous choisissons de leur laisser).

Les trois scénarios de Boyd méritent d’être lus et nous nous dispenserons de les résumer. Mais ils laissent affleurer quatre questionnements qui me semblent essentiels, et que la recherche ferait bien de s’approprier : sur l’avenir de l’entité « entreprise » elle-même, sur les apports contradictoires et ambigus du numérique, sur la persistance des conflits dans et autour de l’entreprise, et sur l’action d’entreprendre dans un monde fini.

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« Le numérique peut-il accélérer la transition énergétique ? »

« Le numérique est-il au service de la transition énergétique ? Force est de constater que non, pas toujours. Daniel Kaplan, cofondateur de la Fondation internet nouvelle génération (FING), propose des solutions pour améliorer le couplage de ces deux transformations technologiques et sociales. »

> Un article de Sarah Sermondadaz dans Sciences et Avenir, 18 novembre 2016

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L’administration numérique ne doit pas accélérer l’exclusion sociale

A l’occasion des Assises de la médiation numérique qui se tiennent le 23 et 24 novembre à Mende, en Lozère, le Conseil national du numérique (CNNum) pointe les effets d’exclusion sociale liée à une dématérialisation des services publics, sans accompagnement humain.

Tribune co-signée par Mounir Mahjoubi, président du CNNum ; Sophie Pène, Guy Mamou Mani, Amal Taleb, vice-présidents du CNNum ; Daniel Kaplan, Ghislaine Hierso, Nathalie Collin, Marc Tessier, Vivek Badrinath, Gael Duval, Antoine Petit, Véronique Torner, Emmanuelle Roux, Célia Zolynski, Najette Fellache, Patricia Langrand, Jacques Crémer, Carole Zisa-Garat, membres du CNNum ; Valérie Peugeot, ancienne vice-présidente du CNNum ; Michel Briand, ancien membre du CNNum ; Yann Bonnet, secrétaire général au CNNum ; Romain Delassus, rapporteur général au CNNum ; Camille Hartmann, Judith Herzog, rapporteur au CNNum.

> Lire l’intégralité sur Libération (22 novembre 2016)

Mégafichier : une centralisation «inutile et dangereuse»

793976-385987068_abb151327f_oUn décret a étendu aux cartes d’identité – soit environ 60 millions de Français – la numérisation et le regroupement des données biométriques. Dans une lettre ouverte à François Hollande, une trentaine de personnalités (élus, associatifs, chercheurs…) spécialistes des libertés et du numérique demandent sa suspension et la tenue d’un vrai débat public.

Lire l’intégralité sur Libération (17 novembre 2016)

Signataires : Philippe Aigrain, président et co-fondateur de la Quadrature du Net ; Godefroy Beauvallet, vice-président du CNNum ; Michel Billout, sénateur PCF ; Philippe Boucher, ancien journaliste, auteur de l’article «Safari ou la chasse aux Français», conseiller d’Etat honoraire ; Bertrand Couderc, président du Syndicat des avocats de France ; Jean-Marie Delarue, ancien Contrôleur général des lieux de privation de liberté ; Jean-Pierre Dubois, président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme ; Françoise Dumont, présidente de la Ligue des droits de l’homme ; Laurence Dumont, députée PS ; André Gattolin, sénateur EE-LV ; Marie Georges, experte internationale numérique et libertés, notamment pour le Conseil de l’Europe ; Gaëtan Gorce, sénateur PS ; Joëlle Farchy, professeure à l’université Paris 1 ; Louis Joinet, magistrat, premier directeur de la Cnil ; Daniel Kaplan, Fondation Internet nouvelle génération (Fing), membre du CNNum ; Philippe Lemoine, président du Forum d’action modernités ; Catherine Morin-Desailly, sénatrice UDI ; François Pellegrini, professeur à l’université de Bordeaux ; Eric Peres, secrétaire général FO-Cadres ; Antoine Petit, PDG de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria), membre du CNNum ; Valérie Peugeot, présidente de l’association Vecam ; Maurice Ronai, chercheur ; Alban Schmutz, vice-président en charge du développement et des affaires publiques d’OVH ; Clarisse Taron, présidente du Syndicat de la magistrature ; Benoît Thieulin, co-doyen de l’Ecole du management et de l’innovation de Sciences-Po ; Michel Tubiana, président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme ; Geneviève Vidal, présidente de l’association Creis-Terminal (Centre de coordination pour la recherche et l’enseignement en informatique et société) ; André Vitalis, professeur émérite à l’université Bordeaux-Montaigne, président du Centre d’études sur la citoyenneté, l’informatisation et et les libertés (Cecil).

Pour signer la lettre ouverte : tes-surveillance.wesign.it

Big data : « Partager le pouvoir des données… avec chacun d’entre nous »

5013805_7_ad9d_2016-10-14-3bf75a4-26085-lidtdn-zrlawqm2t9_a3112edbf7feef369fbd943473512cfcPour Marine Albarède, Manon Molins et Daniel Kaplan, de la Fondation Internet Nouvelle Génération (FING), il n’existe plus de bonne raison de ne pas partager les données personnelles, et le pouvoir qu’elles confèrent, avec les personnes qu’elles concernent.
> L’article dans Le Monde du 14 octobre 2016 (édition abonnés)
> Texte intégral :

Si les données (notamment personnelles) sont tellement utiles aux entreprises et aux administrations, pourquoi ne le deviendraient-elles pas aussi pour vous ? Et si, demain, vous aviez la possibilité d’accéder aux données personnelles qui vous concernent et de les utiliser vous-mêmes, pour accomplir des tâches qui comptent pour vous ?

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Transitions² : relier transition numérique et transition écologique, un vrai défi

« La transition écologique sait raconter son but, mais peine à dessiner son chemin.
La transition numérique, c’est le contraire.
Chacune a besoin de l’autre ! Et pourtant leurs acteurs évoluent trop souvent dans des sphères isolées, sans réaliser la puissance transformatrice qu’aurait leur convergence. »

t2 un an aprèsCette provocation écrite en juin 2015, à l’origine du programme Transitions², exprimait deux idées. En premier lieu, celle d’un lien entre ces deux grandes « transitions » contemporaines, écologique et numérique. Mais aussi celle de la difficulté d’une telle liaison, que nous allions éprouver à chaque étape.

Cette série de billets tente de faire le bilan de la première année de Transitions² : qu’avons-nous réalisé et appris, qu’est-ce qui a changé et surtout, que devrions-nous faire demain – et d’ailleurs, qui sommes-« nous », à qui appartient Transitions² et comment en faire une « maison commune » ? Cette question s’adresse bien sûr aussi à vous, qui lisez ce billet et (nous l’espérons) le suivant…

> La suite sur InternetActu
> Le second article : Transition², un an après (2/2) : pas de transition écologique sans intention

Durable et Ouvert, des liens à construire

openmodelsforsustainability-170308071528-thumbnail-4Contribution de Daniel Kaplan à l’ouvrage Open models for sustainability (2016), coordonné par Louis-David Benyayer, en collaboration avec le programme Transitions².

 

Pourquoi, alors que tant de gens intelligents et souvent sincères y travaillent, progressons-nous si peu vers une réelle transition écologique ? Parce que nous ne parvenons pas à faire changer les systèmes, nous n’en changeons que les extrémités. L’extrême technicisation du champ de l’environnement apparaît par exemple comme une impassee, parce qu’on n’a jamais opéré de grande transition sur la base de calculs rationnels. Mesurer, compter, calculer, n’a rien de négatif bien sûr, tant que cela ne nous devient pas l’objectif à la place de l’objectif…

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Transitions : les 7 leviers de la révolution numérique

Article paru dans Internet Actu le 29 avril 2015

Quand on évoque l’apport du numérique à nos sociétés, on dit souvent qu’il est une révolution en observant surtout certains de ses effets, particulièrement sa capacité a favoriser la collaboration… Pourtant, son rôle « capacitant » n’est qu’un des aspects de l’action du numérique, qui ne doit pas nous faire oublier les autres : sa capacité d’optimisation, sa capacité à « cognitiser » le monde comme le dit Kevin Kelly, à le rendre ouvert et transparent, à le rendre agile, à renforcer l’innovation…

Dans le cadre du travail de prospective sur les Transitions qu’elle vient de publier, la Fing distingue 7 leviers numériques qui, à des degrés divers, nous semblent aujourd’hui à l’oeuvre partout où le numérique remet en cause les ordres établis : optimal ; soft ; smart ; distribué / capacitant ; open ; disruptif ; agile.

Autant de moyens de mieux comprendre sur quoi agit le numérique. Ce qu’il transforme, ce qu’il remet en cause.

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Self Data : quels services pour quels usages ?

Article de Marine Albarede, Renaud Francou, Daniel Kaplan, Sarah Medjek, Manon Molins, issu du projet MesInfos de la Fing, paru dans Internet Actu le 26 mai 2015

> L’article intégral

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« Que se passerait-il si, demain, les organisations partageaient les don­nées personnelles qu’elles détiennent avec les individus qu’elles concernent, pour qu’ils en fassent… ce qui a du sens pour eux ? Quels usages, quelles connaissances, quels services, quels risques aussi, pourraient émerger si les individus disposaient, non seulement du contrôle, mais de l’usage de ces données ? »

Ces questions, à l’origine du programme d’expérimentation MesInfos (@Expe_MesInfos) de la Fing, lancé en 2014, font toujours sens, parce qu’elles évoquent notre mise en capacité à agir avec des données, que, trop souvent, les grands acteurs collectent par devers nous, sans nous offrir de grands moyens d’action sur elles. C’est tout l’enjeu du programme Mesinfos : explorer des idées de services, de valeurs et d’usages du « retour » des données personnelles aux individus.

La Fing vient de publier le bilan de ces 2 ans d’expérimentation dans un livret qui rappelle, les enjeux, les pistes, revient en détail sur l’expérimentation elle-même, met en lumière les perspectives et les défis de ce qu’elle a appelé, le « self data » . A cette occasion, nous avons voulu vous faire partager la matière même de ce programme, c’est-à-dire les services imaginés par cette expérimentation, car ils permettent de saisir très concrètement ce que le self data déplace : faire des données de chacun le coeur d’une relation entre individus et organisations, pour que cette relation soit basée sur la confiance plutôt que sur la prédation.