« Informatique, libertés, identités » (2010)

A l’issu du programme “Identités actives”, la Fing publie sous la signature de Daniel Kaplan l’ouvrage “Informatique, libertés, identités”couvinfolibertesindentites-isbn-978-2-916571-32-4

« La valeur de la vie privée, c’est de nous permettre d’avoir une vie publique ! »

Constatant le déséquilibre profond entre les énormes capacités de surveillance et de traçage des individus, par les autorités comme par les entreprises, d’une part, et le peu de pouvoir qu’ont les individus eux-mêmes sur leurs propres données d’autre part, l’ouvrage établit un second paradoxe : les individus tiennent à leur vie privée, mais aiment également échanger et projeter leurs propres valeur de soi, en ligne. Le parti pris de cet ouvrage est le suivant : protection et projection de soi forment un couple indissociable, et l’on n’assurera pas l’une sans faciliter la seconde. Associer protection et projection de soi, dans les pratiques, la technique, la législation, l’éducation : c’est la piste que cet ouvrage vous propose d’explorer.

« Nous devons penser l’identité numérique, non comme un village fortifié, mais comme une tête de pont, que l’on défend certes, mais qui sert d’abord à se projeter vers l’avant. »

> Présentation synthétique sur Internet Actu (avril 2010)

Désordinateurs II : « Les mots de la tribu »

cinumEdito d’Internet Actu tiré de l’intervention de Daniel Kaplan lors des 1ers « Entretiens des civilisations numériques » (Ci’Num), le 6 octobre 2005. On lira  ici, si l’on veut, le premier et court édito intitulé « Désordinateurs », daté d’août 2004, que cette version développe et transforme.

Nous croyions avoir parcouru ce chemin-là. Nous croyions que 10, 15 ans d’internet avait fait de nous des citoyens à part entière du monde numérique. Nous n’avions rien vu ; ou bien tout vu de travers. Préparons-nous à reconsidérer entièrement notre manière de considérer la place et le rôle qu’occupent les technologies dans nos vies.

(…)

Cette conversation sans fin, avec ses bêtises sans lesquelles il n’y a pas de relation, ses fulgurances, ses différences, ses approximations, ses jeux, ses conflits, ses trivialités… forme le vrai terreau à partir duquel se créent nos civilisations numériques. Elle change la manière même dont se poseront les grandes questions de l’avenir. Parce que la puissance du numérique consiste aussi à doter un très grand nombre de gens des outils (très proches de ceux des professionnels) pour produire eux-mêmes l’avenir, à toutes petites touches. Il peut en aller de même avec d’autres technologies émergentes, pour le meilleur et pour le pire : Jeremy Rifkin envisage que chacun dispose de sa petite centrale électrique à l’hydrogène ; Neil Stephenson imagine un monde dans lequel chacun peut produire les objets dont il à besoin à partir de particules élémentaires, grâce à des sortes de distributeurs automatiques de tout ; mais l’on pense aussi aux fabriques de virus dans certaines caves…

Cependant je crois assez profondément qu’il nous faut apprendre à penser l’avenir de cette manière aussi , loin des grands desseins, des intentions clairement formulées, des stratégies d’empires, et proche de la vitalité du social.

> L’article complet sur Internet Actu