Rapport du CNNum : « Citoyens d’une société numérique – Accès, Littératie, Médiations, Pouvoir d’agir: pour une nouvelle politique d’inclusion »

cnnum_citoyenssocietenumeriqueLe Conseil National du Numérique a remis ses conclusions sur l’inclusion numérique à Fleur PELLERIN, ministre déléguée chargée des Petites et moyennes entreprises, de l’Innovation et de l’Économie numérique, le mardi 26 novembre lors des journées de l’AVICCA.

Adopté par les membres du CNNum, le rapport intitulé « Citoyens d’une société numérique – Accès, Littératie, Médiations, Pouvoir d’agir: pour une nouvelle politique d’inclusion » s’appuie sur des concertations organisées tout au long du printemps et de l’été 2013. Ces rencontres contributives ont rassemblé environ 60 personnes : associations, élus, médiateurs, représentants d’entreprises, fédérations professionnelles, administrations, experts et chercheurs.

Les travaux ont été portés par une dizaine de membres du CNNum, coordonnés par Valérie PEUGEOT, vice-présidente.

> Le rapport et ses annexes

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Soutenir l’innovation hétérodoxe

flyingcars1Comment utiliser une (petite) part des nouveaux investissements d’avenir pour financer des projets hétérodoxes, dérangeants, inattendus. Article de Daniel Kaplan paru dans « Le Monde »(30 mai 2013)

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Texte intégral : « A côté de l’innovation technologique, qui demeure bien sûr importante, une autre innovation monte en puissance et c’est bien souvent elle qui change la vie et reconfigure les marchés (…) »

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Soutenir l’innovation… hétérodoxe

Cette tribune a été publiée dans le journal Le Monde le 30 mai 2013.

« Nous rêvions de voitures volantes et à la place, nous avons eu 140 caractères » (ceux de Twitter ou du SMS) : cette accroche du “manifeste » d’un fonds de capital-risque américain, résume merveilleusement de qui change dans l’innovation contemporaine – et par conséquent, le défi que la nouvelle tranche annoncée des « Investissements d’avenir » doit relever.

L’innovation dans un monde ultra-connecté devient continue, écosystémique, agile, protéiforme et parfois militante. Des marchés entiers (ceux des « biens culturels », pour commencer) se reconfigurent autour de nouvelles plates-formes qui favorisent à leur tour de nouveaux modèles économiques, de nouvelles formes de consommation. Des appareils qui tiennent dans la poche en contiennent plusieurs dizaines d’autres : téléphone, baladeur, livres, GPS, caméra, boussole, console de jeu, niveau à bulle, lampe de poche… Dans le projet Wikispeed, un groupe d’individus dispersé sur tout le territoire nord-américain a conçu et réalisé en 3 mois une automobile autorisée à rouler aux Etats-Unis, et qui consomme beaucoup moins que ses concurrentes. Wikipedia ouvre quotidiennement à des millions de gens l’accès à des contenus encyclopédiques – et offre à plusieurs dizaines de langues du monde leur première encyclopédie. Des « entreprises sociales » s’efforcent de réinventer le crédit aux plus pauvres, le recyclage, l’usage collectif de véhicules ou d’équipements ménagers…

Image : « Nous rêvions de voitures volantes et à la place, nous avons eu 140 caractères », la devise du Manifeste de Funders Fund.

Mais tout cela, nos dispositifs de soutien à l’innovation ne savent pas le voir. Par habitude, par facilité, par conviction parfois, ils privilégient d’une manière presque exclusive des projets dont l’innovation technologique constitue le principe directeur – ce qui n’est le cas d’aucun des exemples qui précèdent, dont, pourtant, on peut difficilement contester le caractère innovant. Personne n’en est vraiment coupable : on fixe des priorités (aujourd’hui « Le numérique, la transition énergétique, la santé, les grandes infrastructures, les nouvelles technologies »), des spécialistes condensent leur vision des enjeux sous la forme d’appels à projets, d’autres jugent les projets qui leur arrivent à l’aune de leurs convictions communes… et tout ce qui sort des clous, les idées en rupture, les « simples » innovations de service ou de modèle d’affaire, leur reste invisible.

A côté de l’innovation technologique, qui demeure bien sûr importante, une autre innovation monte en puissance et c’est bien souvent elle qui change la vie et reconfigure les marchés. Pire, la focale technologique peut empêcher de voir cette autre innovation. Prenons l’exemple de la santé : nos formes habituelles de financement de l’innovation sauront-elles reconnaître l’importance des réseaux de patients, l’émergence de la génomique personnelle, la multiplication des dispositifs individuels de mesure, voire d’autodiagnostic ? Ces projets nous dérangent, parfois pour d’excellentes raisons : du coup nos dispositifs publics choisissent de ne pas les voir, au risque de laisser les ruptures se produire sans du tout les avoir anticipées, sans en être acteurs.

D’où ma recommandation sur l’usage des 10 milliards supplémentaires alloués aux « Investissements d’avenir » : faites comme d’habitude. Mais sur 90 % de cette somme. Réservez-en 10 %, juste 10 %, pour financer des projets hétérodoxes, dérangeants, inattendus, qui n’entrent dans aucune case. Trouvez le moyen d’en financer beaucoup, d’une manière simple et rapide, avec des petits tickets et des clauses de revoyure. Acceptez autant les projets commerciaux que ceux qui produiront des biens communs ou des produits “libres”, dès lors qu’on peut en attendre un effet de levier économique. Osez cela, puis comparez les résultats. On parie qu’ils vous étonneront ?

Daniel Kaplan, délégué général de la Fondation internet nouvelle génération (Fing).

Prospective : « L’oeuvre des promesses »

couv_cahiers_qn_2013_flipbookIntroduction de la publication prospective « Questions Numériques » de la Fing, édition 2013, sur le thème des « Promesses ».

Par Daniel Kaplan et Jacques-François Marchandise.

Publiée dans Internet Actu le 21 février 2013.

> L’article intégral

Depuis qu’il se propose au monde comme support de la « troisième révolution industrielle », le monde du numérique n’est pas avare de promesses. A un moment ou à un autre, ses gourous, ses industriels, les institutions, ont annoncé la fin des crises et celle du travail, la paix sociale et mondiale grâce au miracle de l’échange et de la compréhension réciproque entre les hommes, une démocratie revitalisée, l’accès des pays les moins avancés au développement, l’avènement d’une conscience mondiale face aux défis environnementaux…

… Mais avant de lever les yeux au ciel devant tant de naïveté, demandons-nous d’où viennent ces promesses, qui les entend, ce qu’elles produisent – et admettons que, ce faisant, nous nous tendons aussi à nous-même un miroir.

Digital Privacy Revisited – To Protect and to Project

couvprivacyDaniel Kaplan
Fyp Editions, 2010

> Available as eBook (Kindle)

> Paper in ReadWriteWeb: « To Protect and to Project: Another Take on Digital Privacy » (October 2012)

Never before in our networked societies has the subject of personal data and privacy protection been so hotly debated. And never have so many methods been employed to capture and use personal data. Never have there been so many that have published so much about themselves online…
Paradox? Lack of awareness? Hypocrisy? Or emergence of a new way to defend and exercise freedom, which we protect only in order to better project ourselves towards others, to the world?

“The value of privacy is that it enables us to go public!”

This book offers new keys to understanding the relationship between computer science, freedom, privacy and identity. It proposes to replace a defensive approach to identity and privacy with a strategic approach. The aim is to share powerful technology, and equip individuals to the same degree as the services and organizations that want to learn more about them.
The book explores new avenues, new tools, sometimes new rights, to grant privacy its true value: the ability to choose and control one’s public life.

Ta ville, trop smart pour toi

Article intégré dans l’ouvrage Internet peut-il casser des briques ?, republié dans Internet Actu le 2 octobre 2012.

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> L’article intégral

La « ville intelligente » se propose aujourd’hui comme une sorte de solution miracle, capable de produire une ville à la fois plus sûre, plus attractive, mieux gérée et plus durable. Ses promoteurs ont raison de dire que l’information constitue aujourd’hui un actif sous-exploité au service du développement urbain. Mais ce potentiel ne se réalisera qu’en dépassant les trois impasses conceptuelles des « smart cities », telles qu’on les pense aujourd’hui : la priorité aux services, l’approche de la ville comme un « système » à optimiser, et l’occultation des enjeux de pouvoir.

Au début 2011, plusieurs grands maires européens montaient sur les estrades pour annoncer avec fierté leur nouveau programme innovant : la « ville sans contact ». Les industriels qui les accompagnaient à la tribune voyaient très bien de quoi il s’agissait : en gros, de l’utilisation de puces d’identification NFC, qui peuvent en effet être lues rien qu’en les approchant d’un capteur, pour accéder à toutes sortes de service urbain. Mais l’on imagine assez bien la réaction d’un citoyen ou d’un élu un peu plus candide : ah bon, c’est bien que la ville soit désormais « sans contact » ? Naïvement, on aurait cru le contraire…

Bien sûr, les maires ne voulaient pas dire ce qu’ils ont dit ; mais ils l’ont dit. Pourquoi ? Parce que toute l’industrie leur a mis ces mots dans la bouche. Sans non plus penser à mal. Mais sans jamais trouver en leur sein un seul consultant, chercheur, patron, qui les retienne.

Il y a là matière à nous faire réfléchir à la manière dont la technologie s’offre aujourd’hui en réponse aux plus complexes, aux plus politiques des défis économiques et sociaux. Et il n’y a guère plus politique que la ville. (…)

« Internet peut-il casser des briques ? Un territoire politique en jachère »

internetbriques_vignette_couvUn ouvrage colllectif du groupe de réflexion Technologies du Forum d’Action Modernités publié sous la direction de Philippe Aigrain et Daniel Kaplan.
Parmi les membres du groupe Technologies, ont contribué à ce livre : Marjorie Carré, Mélanie Dulong de Rosnay, Jean-Louis FrechinVincent Guimas, Philippe LemoineSophie Le PallecValérie Peugeot, Benoît Thieulin.
Introduction de Philippe Lemoine.

Editions Descartes & Cie, 2012

> Présentation de l’ouvrage

Ce livre est fondé sur l’hypothèse qu’Internet est une matrice à produire de l’utopie bien que le potentiel transformateur de ces utopies ne parvienne pas encore à se déployer totalement.

Internet c’est à la fois le comble du capitalisme et le facteur de cristallisation de nouveaux mouvements citoyens.
D’un côté, Internet incarne les plus grosses capitalisations boursières (cf. entrée en bourse de Facebook valorisée entre 75 et 100 mds de dollars), l’arrogance de méga-réussites, et l’illustration de mille théories libérales sur la circulation de l’information, sur la régulation cybernétique, sur le marché pur et parfait. Mais d’un autre côté, il y a bien un Internet citoyen qui relaye un désir d’égalité et de liberté (cf. le rôle joué par Internet dans le printemps arabe) et qui est à la base du flux continu d’innovations que capte l’Internet marchand.
Cette dualité intrinsèque à l’écosystème Internet est à prendre comme un signal de transformation positif car la nouvelle modernité repose précisément sur le fait d’apprendre à dissocier ce qui relève de l’économique et du marché et ce qui relève de l’émancipation des personnes.

Pour illustrer concrètement ce propos, les contributeurs de ce livre ont choisi de décrire 9 exemples d’utopies :
– 3 utopies sont relatives à l’impact des nouvelles technologies sur nos vies : Smart Cities, néo-objets, arts numériques ;
– 3 autres renvoient aux modèles d’organisation d’une économie de savoir et d’innovation : créative commons, gestion du risque médicamenteux, la connaissance en partage ;
– 3 autres enfin renvoient à la reformulation du pacte social et politique : croisement entrepreneurs numériques/entrepreneurs sociaux, activisme numérique, web politique.

Livre « La confiance numérique – refonder la relation entre les individus et les organisations »

Par Daniel Kaplan et Renaud Francou
FYP Éditions, collection « La fabrique des possibles », 2011 – 160 pages

Ouvrage issu de l’expédition « Nouvelles approches de la confiance numérique » de la Fing

La confiance dans la société et l’économie numérique alimente de multiples discours, lois, programmes de recherche et investissements. Mais cette mobilisation doit changer de cible, car aujourd’hui, la confiance est en crise. Il est fondamental de se concentrer sur la production même de la confiance au lieu de se focaliser sur les risques et la sécurité. Face à certaines pratiques des organisations (industrialisation de la relation client, usage immodéré des données personnelles sans aucun retour aux individus, surprotection, etc.), alors même que surgissent un peu partout de nouveaux espaces numériques dans lesquels la confiance naît de l’interaction entre individus (forums de patients ou d’entraide entre clients, sites d’évaluation de produits ou de restaurants, réseaux sociaux ou de rencontre, etc.), il est urgent de créer de nouvelles approches de la confiance.

Comment créer des systèmes de confiance qui correspondent aux attentes et aux pratiques réelles des individus ? Comment éviter que la sécurité ne détruise la confiance ? Cet ouvrage propose des clés pour les entreprises, les administrations et les régulateurs, en s’appuyant sur quatre leviers principaux : les dispositifs et les tiers de confiance ; la confiance « de pair à pair » ; la relation ; l’outillage des individus. Un ouvrage essentiel qui propose des pistes concrètes d’innovation, d’action collective et de recherche, pour transformer en profondeur le paysage de la confiance.

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Open Public Data: Then What?

In the Open Knowldege International Blog, Daniel Kaplan, Director of Fing (the Next-Generation Internet Foundation, France), explores three possible futures for Open Public Data, and suggests ways to ensure that we are moving in the best direction
(January 31, 2011)

« We tend to assume that the opening up of public data will only produce positive outcomes for individuals, for society and the economy. But the opposite may be true. We should start thinking further ahead on the possible consequences of releasing public data, and how we can make sure they are mostly positive. »

> Part 1: 3 scenarios for the future of Open Public Data

> Part 2: Maximizing potential and avoiding pitfalls

Open Data: The dominant, happy story

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The dark story of Open Public Data

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Data Fatigue: Failing to engage

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